À quoi un écrivain du dimanche rêve-t-il le reste de la semaine ?

J’ai vu passer dernièrement une jolie illustration sur le réseau social dont je suis devenu un adepte (sous la menace tout aussi sociale que le réseau lui-même). Celle-ci montrait un potentiel lecteur penché sur un auteur assis à sa table.
« Donnez-moi une bonne raison d’acheter votre livre, lui disait-il.
— J’ai faim, répondit l’autre. »

Oui, ne nous cachons pas cette réalité, la rencontre avec le lecteur est un fantasme chronique de l’auteur en mal d’amour. Bien qu’il me semble que n’importe quel psy y décèlerait en moins de dix minutes un tropisme commercial, ce réflexe est probablement tout à fait naturel chez l’auteur en liberté.

Ne sous-estimons pas le défricheur de terres inconnues qui s’active en tout écrivain, par nature prêt à toutes les expériences qui s’offrent à une vie d’homme. Ainsi il m’est offert de réaliser l’un de mes rêves les plus chers : devenir le temps d’un jour, un samedi pour ne pas le citer, là où habituellement je ne suis qu’un chauffeur de caddie béat, un produit !

logo auchanLa première question qui m’est venue à l’esprit fut : mais comment je vais m’habiller ?
Il est de coutume, et je ne suis pas le seul à avoir observé le phénomène, qu’un produit qui loge à temps plein dans un centre commercial se reconnait à ses atours merveilleux. Il est incontestable qu’un flacon de shampoing ou un paquet de viande en promo s’identifie à leurs tuniques traditionnelles sans trop de difficultés.
Mais un auteur, romancier par-dessus le (super)marché ?

Ma crainte, je le reconnais, n’est pas tant d’être confondu par un myope égaré avec mes collègues d’un jour, qu’ils soient faits pour se laver la tête ou être couchés sur le grill. J’ai davantage peur d’être happé par une frénétique et ravageuse vague de besoin culturel (qui a court en ces lieux) et de me retrouver parmi mes amis au fond du chariot. La balade jusqu’aux caisses devrait encore passer. Mais là, couché sur le tapis, sujet au bip qui révèlerait au monde ma valeur réelle, l’angoisse me gagne.

Le don de soi que l’auteur fait à la littérature n’a rien à envier au puceau qui gravit les marches du séminaire.

Je compte sur vous pour me tenir la main le samedi 16 décembre au cœur du centre commercial Auchan de Guilherand-Granges pour la rencontre dédicace du roman Continuer d’aimer.
Vous allez me dire : la gueule de l’écrivain qui dédicace son bouquin en supermarché, au top le mec, au sommet de son art !
Et je vous répondrai : quand vous baladerez votre caddie au Panthéon, on en recause.

Si ce jour, à tout hasard, vous voyez se pencher sur quelque barquette de viande anonyme des citoyens sceptiques, sans doute ne savent-ils pas plus que moi à quoi l’on reconnait un auteur. Soyez bons, prenez-les par le chariot et guidez-les vers moi.

Pour une fois, l’auteur sera ce qu’il est réellement, l’accessoire de ses écrits.

Au 16.

Autoédition, êtes-vous prêts ?

Vous doutez de votre droit à publier ?

                L’édité - vous en êtes certain -  s’est entendu glisser à l’oreille le plus grand des compliments : il est viable. Vous, en revanche, qui vous êtes trémoussés sur les paillassons des maisons d’édition des mois durant, avez dû vous contenter d’un courrier - dans le meilleur des cas -  qui vous indique que viable, vous ne l’êtes pas. Si vous pensez que telle est votre situation et si vous avez envie de poser des bombes dans les maisons d’édition traditionnelles, vous êtes un immature absolu, comme je le fus avec vigueur en mon temps - qui devrait laisser tomber jusqu’à l’idée même de s’autoéditer.

                Je devrais m’abstenir de grossir à ce point le trait... Ce n’est pas un drame qu’une maison ne veuille pas de vos textes.  Après tout, elle est chez elle, elle fait ce qu’elle veut. Et si elle vous dit que ce texte ne lui convient pas ou qu’il ne rentre pas dans sa fameuse ligne éditoriale, croyez-la. Pour quelle raison et de quel droit faudrait-il aller casser la gueule de l’éditeur qui a mis 6 mois pour vous dire non ? Sincèrement, vous n’étiez pas au courant ? C’est le jeu.

Un samedi en ZAC

Après la lecture de la petite chronique consacrée aux sueurs d’un écrivain de genre face à son public, rien de plus normal que de penser qu’il ne récidivera pas de sitôt. C’est mal connaître l’animal… Je vous invite dès à présent à une petite journée sympathique de dédicace du roman Continuer d’aimer. Celle-ci aura lieu le 27 janvier de 10h00 à 18h00 au CULTURA de Valence, dans la Drôme.

    J’ai l’impression (déjà) que cette journée aura des points communs avec mes belles heures passées autour du thème « le livre de mon enfance », lors de ma première expérience de lecture dans une médiathèque. Je crois bien que Cultura saura comme personne me donner l’impression d’être comme un poisson dans son bouillon.

Comment ne pas poser la question qui vous brûle les lèvres ?

Il y a quelques jours, je me suis trouvé invité dans une très chouette petite médiathèque. Cadre fort bucolique, ambiance détendue. Le genre de moment agréable où la tête est vissée sur le corps, sans aucune envie d’aller voir ailleurs. J’étais donc l’invité, l’auteur vivant du jour. Sachez, futurs écrivains, que le public adore les écrivains morts, surtout quand ils bougent encore. Mais laissons donc ces considérations morbides, bien loin du sujet qui nous occupe. L’invité, donc. Le job consistait à présenter mon premier roman, donner une petite lecture d’extraits et me tenir prêt pour avoir l’air intelligent dès la première question qui fuserait de l’auditoire. Pas de problème, aucun souci. Et en quoi une telle situation aurait bien pu connaître la moindre raison d’entamer la bonne humeur collective ?

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